Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin
L‘ARCHÉOLOGUE Son master d’archéologie en poche, consacré à un état de la question sur la ville romaine de Nyon, suivi d’une formation postgrade en muséologie, Pascale Bonnard Yersin rejoint la commission de travail pour la création du nouveau Musée romain de Nyon dans les fondations de la basilique antique, inauguré en automne 1979. Au printemps 1980, Pascale est engagée comme collaboratrice scientifique à temps partiel auprès des Musées de Nyon. En parallèle, elle est assistante en section Archéologie au Musée d’art et d’histoire de Genève où elle rencontre son futur époux, Jean-Marc Yersin. Pascale s’attaque à la mise en ordre et à l’inventaire des collections des trois musées de Nyon, ainsi qu’à l‘actualisation des expositions permanentes et à diverses expositions temporaires dans les trois musées, ceci jusqu’en 1988 où elle est nommée conservatrice du Musée romain uniquement. En 1991, Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin reprennent la direction du Musée suisse de l’appareil photographique à Vevey en temps partagé. L’histoire de la naissance et du développement de ce medium et de ses outils vont alors faire partie de son quotidien et l’occuper durant plus d’un quart de siècle. La photographie accompagne Pascale dès ses jeunes années ; elle suit une formation aux Cours industriels du soir à Genève et installe son propre laboratoire noir-blanc et a collaboré ponctuellement avec la galerie Focale. De longue date, documenter par l’image toute forme de patrimoine qui l’entoure fait partie de ses (pré)occupations et, depuis 2018, sa liberté de retraitée lui permet de s’y adonner plus systématiquement. Si l’Antiquité reste un sujet toujours cher à son cœur, Pascale s’est intéressée récemment à un patrimoine précieux et de plus en plus précaire : les capites de vigne. Un ouvrage consacré à ces petits édicules de Lavaux est en préparation. LE PHOTOGRAPHE Après sa formation dans un studio de photographie publicitaire à Genève, Jean-Marc Yersin exerça son métier dans les domaines les plus divers. Au cours d’un long voyage en Amérique du Nord en 1981, il réalisa «Downtown» en s’interrogeant sur la place de l’individu dans la ville américaine. En compagnie de son épouse Pascale Bonnard Yersin, archéologue, ils reprirent en 1991 la direction du Musée suisse de l’appareil photographique de Vevey où ils furent membres des fondateurs du Festival Images, et co-organisateurs des éditions de 1998 et 2000. Lui-même présida la Fondation Vevey, ville d'IMAGES jusqu'en 2001. Dès l’extension et la transformation complète du Musée achevée en 2012, Jean-Marc Yersin put reprendre progressivement ses propres projets photographiques auxquels il se consacre plus librement depuis sa retraite en 2018. Au travers de ses photographies, il interroge la manière dont ce qui pourrait bien devenir nos futurs vestiges, pourraient être vus, un jour, par d’autres, dans un autre temps. De ce questionnement est née l’envie de dresser une sorte d’atlas de ces lieux en devenir, qu’il publie sous forme de livres d’artiste, «Les carnets d’un autre temps», dont quatre volumes sont déjà parus. Ces publications ont également fait l’objet de diverses expositions et projections, tant en Suisse qu’en France. Dans sa pratique, Jean-Marc Yersin conçoit et réalise lui-même l’entier de ses projets en attachant une grande importance à la matérialité de ses tirages ainsi qu’à la mise en page de ses publications et à l’accrochage de ses expositions. Inspiré par la parenté renouée par l’impression jet d’encre avec le monde de la gravure, il s’est doté d’un atelier d’impression où il a développé son propre style de tirages noirblanc faisant usage d’encrages très profonds, jusque dans ses grands formats.